Pour réussir dans le numérique : formez-vous chez O'clock !

Interview de Loris Chennebault, ingénieur pédagogique chez O’clock.

L’école O’clock, spécialisée dans la formation aux métiers du numérique, est principalement axée sur le développement web. En tant qu’ingénieur pédagogique, Loris Chennebault travaille à la conception et la maintenance de programmes de formation, en mettant particulièrement l'accent sur l'inclusion.

Q1 : Depuis quand formez-vous des déficients visuels ?

L.C : La formation spécifiquement adaptée aux déficients visuels a débuté il y a environ deux ans. Nous avons commencé avec un programme appelé Integra11y, visant à former un groupe de déficients visuels aux métiers de développeur front end. Cependant, nous avons constaté que ce n'était pas la voie la plus pertinente. Nous avons donc évolué vers un programme appelé DeV Back-end, mieux adapté à ces profils, axé davantage sur le développement back-end des sites et applications web.

Q2 : Quels sont les principaux freins que rencontrent les déficients visuels dans l'apprentissage des métiers du numérique ?

L.C : L’un des plus grands défis concerne l'accessibilité. Naviguer sur Internet peut être difficile, le web est globalement peu accessible par rapport à ce qu’il devrait être. S’ajoute à cela la problématique de la compatibilité des logiciels métier avec les outils de compensation. La réponse à ces défis, en particulier parce que notre enseignement se fait à distance, consiste à trouver des alternatives accessibles et à permettre aux apprenants déficients visuels d'utiliser pleinement les outils nécessaires.

Q3 : Comment rassurez-vous les apprenants déficients visuels quant à leur capacité à travailler dans le numérique ?

L.C : Nous soulignons d'abord que le métier de développeur est accessible aux déficients visuels grâce aux technologies d'assistance telles que les plages braille, les synthèses vocales, etc. Nous mettons l'accent sur l'apprentissage des outils, avec une phase préliminaire de 25 jours orientée vers l'accessibilité. Cela contribue à rassurer les apprenants sur la faisabilité technique du métier.

Q4 : Quels aspects trouvez-vous enrichissants dans le travail avec des apprenants déficients visuels ?

L.C : Humainement, travailler avec ces apprenants est enrichissant car cela va au-delà de la simple transmission de connaissances. Nous apprenons beaucoup de leurs retours d'expérience, ce qui renforce notre compétence en matière d'accessibilité. L’interaction avec eux et leur retour contribuent à l'amélioration continue de leur formation et des formations futures, donc c’est aussi très gratifiant.

Q5 : Avez-vous eu des appréhensions initiales en formant des déficients visuels ?

L.C : Oui, au début, il y avait des appréhensions, surtout dans l’anticipation des adaptations nécessaires. Cependant, la coopération active des apprenants et leur engagement permettent d’atténuer ces inquiétudes. Nous avançons ensemble.

Q6 : Considérez-vous avoir atteint vos objectifs jusqu'à présent ?

L.C : La meilleure récompense est de voir des apprenants trouver un emploi après la formation. Nous avons plusieurs réussites, et le fait que ces apprenants maîtrisent l'accessibilité apporte une valeur ajoutée significative aux entreprises. Ils savent techniquement comment mettre en œuvre l'accessibilité sur des sites et applications web, et en plus, ils sont capables de résoudre les problèmes, de trouver des solutions et d'auditer éventuellement le travail de leurs collaborateurs.

Q7 : Pourquoi pensez-vous que si peu de personnes déficientes visuelles s'orientent vers le numérique malgré les opportunités adaptées ?

L.C : Il existe des idées préconçues et des entreprises qui peuvent être encore réticentes à accueillir des personnes déficientes visuelles. C’est dommage car la question du télétravail, offert par de nombreux métiers du numérique, peut être un facteur déterminant pour ces personnes. Il reste également comme je l’ai souligné précédemment des défis à surmonter en termes d'accessibilité des outils.

Q8 : Quels conseils donneriez-vous à ceux qui envisagent une formation ou une reconversion dans le numérique, en particulier les personnes déficientes visuelles ?

L.C : Il est essentiel de bien comprendre le métier et de s'assurer de son appétence. Une petite enquête métier, y compris des discussions avec des professionnels, est recommandée. Il faut également évaluer son confort avec l'ordinateur, car la maîtrise des outils est cruciale. Enfin, il est important de prendre en compte le potentiel du métier et de s'assurer de son adéquation avec ses aspirations. Pour en savoir plus sur le programme de formation spécialement adapté aux personnes déficientes visuelles : https://formation-devbackend-hdf2023.oclock.io/