Récit d’une première course en or

Par Thibaut Rigaudeau, médaillé d'or à la Coupe du monde de paratriathlon en Ouzbékistan

"Pour une grande première, avec mon nouveau guide François Martin, nous nous sommes envolés au mois de mai vers une destination inattendue : l’Ouzbékistan.
Jamais je n’aurais imaginé y aller un jour.

Après une nuit de voyage et deux vols, nous voilà arrivés à Samarkand, trois jours avant la course.
Le thermomètre affiche déjà 25°C à 8h du matin, avec des pics de 36°C l’après-midi. Heureusement, notre épreuve est programmée à 7h du matin le samedi, même si un réveil à 4h pique toujours un peu…

La veille, après une reconnaissance du parcours et un briefing à 19h, nous préparons soigneusement nos affaires.

Le jour J, à 5h50, nous sommes sur le site pour vérifier tout notre matériel (tandem, casques, liens…).

6h25, tout est prêt, place à l’échauffement avant la présentation des athlètes et le ralliement au ponton de départ.

7h07'51 : le départ est lancé !

Les premières centaines de mètres dans l’eau se déroulent bien malgré quelques vagues qui compliquent la visibilité pour François, il doit un peu plus lever la tête que d’habitude. Les 400 derniers mètres me semblent un peu long, la sortie d’eau approche enfin, je me sens soulagé. Le début de la transition se passe bien, je retire complètement ma combinaison sans problème mais un petit incident vient rappeler que chaque détail compte : François, pour sa première en tant que guide, a omis de retirer le lien accroché à sa jambe. Résultat : perte de quelques secondes au retrait de la combinaison. Il en fallait bien une pour notre première !

Nous enfourchons ensuite notre tandem en tête de course. Le parcours est ultra roulant, nous avons été flashés à 48 km/h de moyenne, je me sens plutôt bien dans cet effort sans relâche pendant exactement 23’39 secondes.

Mais à peine descendus du tandem, une chaussure s’échappe. François doit faire demi-tour pour la récupérer et éviter la disqualification.

Nous entamons ensuite la course à pied avec plus d’une minute d’avance sur le second binôme.  Malgré un vent de face sur la première moitié, nous tenons bon. Au retour, le vent devient plus favorable et nous retrouvons notre rythme.

Dernier coup d’œil à la tente de pénalité : tout est bon. Nous franchissons la ligne à la première place !

Contents de notre baptême à deux, entre points positifs et points d’amélioration, les bases sont posées, il ne nous reste plus qu’à progresser ensemble. Une chose est sûre : ce n’est que le début."