À 28 ans, Héloïse mène une vie bien remplie entre son métier de kinésithérapeute pédiatrique à Paris et sa carrière de triathlète de haut niveau. Ses journées sont millimétrées. Elle s’entraîne entre douze et quinze heures par semaine. « J’ai toujours eu envie d’être active, je me suis construite comme ça », confie-t-elle.
Héloïse est née avec un rétinoblastome et a un dixième restant de vision. Plus jeune elle n’était pas du tout sportive, « c’était même une punition de devoir faire du sport. » Mais à l’adolescence, elle découvre le triathlon et prend goût à la compétition.
En 2020, tout s’enchaine, elle reçoit un tandem en cadeau, rencontre sa guide Anne Henriet et ensemble elles participent à leur premier Championnat de France de para triathlon. Héloïse intègre l’équipe de France en avril 2022, est sélectionnée pour les championnats d’Europe en mai 2022 et monte sur la troisième marche du podium lors de la coupe du monde en octobre 2022. Puis en 2024, elle a eu la joie de participer aux Jeux paralympiques de Paris où elle est arrivée à la 7ème place.
Aujourd’hui, si Héloïse assume pleinement sa double carrière et parvient à concilier emploi et sport de haut niveau, elle doit néanmoins composer avec un certain nombre de contraintes et sacrifices. Soutenue par sa famille, ses amis et son encadrement sportif à ses débuts, sa situation a évolué et elle vit désormais sur ses économies pour couvrir les dépenses liées à sa pratique de haut niveau, entre matériel, déplacements, stages. Elle doit régulièrement poser des congés sans solde et ses absences fréquentes sont parfois difficiles à gérer au sein de son établissement. « Je culpabilise parfois de m’absenter autant… mais je fais ce que je peux », confie-t-elle.
Depuis la fin des Jeux, Héloïse subit également, comme la majorité des para-athlètes, le désengagement des partenaires privés, un retrait qui fragilise encore davantage son équilibre financier. « Avant les Jeux, il y avait du monde. Maintenant, les partenaires sont partis. »
Malgré ces obstacles, Héloïse vise les prochains Jeux paralympiques de 2028 et souhaite pouvoir continuer à performer tout en étant mieux accompagnée. Pour avancer elle sait pouvoir compter sur les qualités que le sport lui a apportées comme l’autonomie, l’esprit d’équipe et le sens de l’effort. Cependant la recherche de sponsors, la valorisation de son parcours et la gestion administrative sont des domaines dans lesquels elle aimerait être soutenue « J’aime me débrouiller seule, mais là, un coup de main serait bienvenu. C’est pourquoi le soutien financier et le programme d’accompagnement de la fondation sont très importants pour moi. »
Pour conclure, Héloïse souhaite transmettre ce message : « Il faut se laisser la possibilité d’aller au bout de son potentiel et surtout ne pas se limiter. Souvent c’est nous qui nous limitons. Or le handicap peut être une force pour se surpasser. Si je n’étais pas malvoyante je ne serais pas triathlète de haut niveau. Et puis à l’adolescence, le sport m’a beaucoup apporté, il m’a aidé à atténuer la différence que je ressentais par rapport aux autres et à me sentir moins en décalage. »
