Handicap, études supérieures et inclusion : simplissime entraide entre pairs

La Fondation Valentin Haüy souhaite déployer ce dispositif lancé par l'Université catholique de l'Ouest pour permettre au plus grand nombre d’étudiants déficients visuels de bénéficier d’un accompagnement personnalisé, gage d’accès légitime à des études supérieures vers l’emploi.

L’une des grandes missions de la Fondation Valentin Haüy est de contribuer à l’employabilité des personnes déficientes visuelles. Or l’une des étapes phare avant d’arriver sur le marché de l’emploi est de suivre des études dans les meilleures conditions qui soient. Nous souhaitons donc essaimer cette solution d’aide humaine tellement simple à mettre en place.
Christian d’Aboville, directeur général de la Fondation Valentin Haüy.

À l’Université Catholique de l’Ouest (UCO), qui accueille près de 500 étudiants en situation de handicap (soit 4 % des effectifs, deux fois la moyenne nationale), dont 80 % sont concernés par des handicaps invisibles, nous avons rencontré Yann, étudiant non-voyant en deuxième année de psychologie, qui bénéficie du dispositif d'entraide entre pairs.

Yann s'appuie en effet sur une véritable équipe constituée de quatre étudiants volontaires qui l’aident notamment dans la prise de notes. Parmi eux, Amélie joue un rôle central dans ce dispositif qu’elle coordonne. Au départ, pour elle, aider Yann était un simple acte de solidarité. Au fil du temps, elle reconnait que c’est un enrichissement mutuel . « Le fait de travailler avec Yann me pousse à être à jour dans mes cours. Expliquer des notions complexes demande de les maîtriser parfaitement, et cela a eu un impact direct sur mes résultats. Et au-delà de cet aspect, cette expérience m’a ouvert à une réalité qui m’était inconnue et cela me fait grandir », confie-t-elle.

Cet exemple montre la volonté de l’UCO d’offrir à chaque étudiant un parcours de qualité dans ses études au sein du campus, par un accompagnement humain de proximité et personnalisé.

Avec son équipe, Nadège Doisneau, référente en accessibilité, élabore des solutions pour chaque étudiant en situation de handicap, que ce soit pour la prise de notes, le tutorat ou l’aide à la mobilité. Pour cela elle mobilise un réseau d’étudiants aidants volontaires, recrutés en collaboration avec les responsables de formation et sensibilisés par leurs délégués de classe. « Chaque étudiant est unique, et nos adaptations doivent l’être aussi. Comme c’est le cas avec Yann. Si le dispositif initial prévoyait des trinômes, celui de Yann a évolué pour former une petite équipe dédiée, adaptée à ses besoins spécifiques.», explique Nadège. « Ce qui compte, c’est que l’étudiant soit acteur de son accompagnement, en fonction de ses besoins et de ses priorités », ajoute-t-elle.

Un autre pilier de l’inclusion à l’UCO réside dans ses bibliothèques. « Quand un document n’est pas accessible, il est hors de question de baisser les bras », affirme Lila Lepan, chargée de l’accessibilité documentaire en bibliothèque. Son rôle ne se limite pas à la gestion des besoins individuels. Elle mène également un travail d’essaimage auprès des bibliothèques des différents campus de l’UCO, pour instaurer une culture d’accessibilité et encourager des pratiques renouvelées. « Ma plus grande satisfaction, c’est de faciliter la vie des étudiants. Cela nous pousse à toujours remettre en question nos pratiques et à placer l’usager au centre de notre réflexion », confie-t-elle.

Après ces rencontres avec Yann, Amélie, Nadège et Lila, démontrant que l’inclusion plus qu'une ambition devient une réalité grâce à un effort collectif, la Fondation Valentin Haüy et la Fondation APAM abritée réaffirment leur soutien et souhaitent aller plus loin en essaimant ce dispositif dans d'autres grandes écoles.