Bilan et ambitions tournées vers l’innovation

La Fondation Valentin Haüy œuvre depuis maintenant dix ans à l’autonomie des personnes déficientes visuelles. Créée par l’association éponyme en 2012, elle complète la mission de cette dernière, davantage opératrice de services de proximité, tandis que la fondation s’est, elle, tournée vers le monde de l’innovation au service du handicap. Ainsi, elle entend capitaliser sur l’expérience retirée de ses premiers projets tech pour les démultiplier. Aujourd’hui, elle invite à sa table des start-up partenaires, des mécènes et des experts institutionnels pour répondre à l’enjeu de l’accessibilité numérique. Collectif est sans aucun doute le maître mot de son futur !

Gérard Colliot, président de 2012 à 2014, puis de 2016 à 2018.

« À l’origine de la création de la fondation, un constat et un défi. Face à l’augmentation de la déficience visuelle, une œuvre commune Valentin Haüy nous semblait plus forte pour accélérer notre contribution à l’autonomie des personnes déficientes visuelles. »

Quelles ont été les raisons majeures de la création de la fondation ?

Face au constat de l’augmentation de la déficience visuelle de plus en plus répandue en raison de l’accroissement de l’espérance de vie, il nous semblait urgent d’ouvrir « Valentin Haüy » à d’autres projets. Le défi de la fondation était donc d’aider à l’autonomie des personnes atteintes de cécité ou de malvoyance handicapante au travers d’acteurs partenaires, avec l’association prioritairement, mais aussi en intégrant d’autres acteurs de ce secteur ; en particulier les organismes innovant dans ce domaine et utilisant les nouvelles technologies numériques.

Comment avez-vous pensé la relation avec sa fondatrice ?

Pour un démarrage harmonieux, nous avons rétabli un protocole d’accord entre les deux parties garantissant simultanément l’indépendance de la fondation et la participation des membres du bureau de la fondation. Ainsi, la présidence de la fondation a été confiée au président de l’association, et des membres de son bureau – en particulier les personnes DV – ont été nommés au collège des fondateurs du CA de la fondation. Notre objectif était d’installer une relation au long cours constructive.

Quels premiers succès avez-vous enregistrés ?

Une première fondation abritée d’origine familiale a très vite été créée, la fondation Brouder, pour financer la formation de chiens guides d’aveugles, la recherche médicale, ou des projets concourant à l’insertion. Une association du secteur, l’APAM, a pu être préservée, en se transformant en fondation abritée APAM. Enfin, gros succès avec la création de la Fondation Retina, qui a permis de financer des programmes de recherche médicale sur la cécité et la malvoyance. Toutes ces structures ont compris l’intérêt de s’appuyer sur l’expertise de la fondation pour se développer.

Selon vous, quels sont les atouts de la fondation qui expliquent ses premières réussites ?

Très clairement, le point commun des résultats est le bon relationnel entre les personnes. La création de la Fondation Valentin Haüy a été une expérience humaine passionnante. Quand on croit à un projet, il faut déployer les efforts nécessaires pour que tous les interlocuteurs soient convaincus et s’approprient le projet comme le leur. Cela a pris des mois, beaucoup de discussions, et peu à peu les obstacles ont été levés. Je rends hommage à tous ceux qui y ont contribué, avec ténacité, diplomatie et sens de l’innovation. Faire bouger le monde associatif est une gageure, car « on n’est pas dans une entreprise, ici », m’a-t-on dit souvent. Plusieurs exemples : le relationnel étroit et authentique avec Madame Brouder, personne d’une grande générosité ; le grand sens de la coopération avec le professeur Philippe Thibault, alors président de l’APAM, au point qu’une partie de son immeuble rue Jacquier a été mise à disposition du Comité régional de l’association Valentin Haüy ; et la conviction d’Éric Moser, président de la Fondation Retina, de coopérer étroitement entre acteurs du secteur du handicap visuel.

Quel serait votre bilan de vos années de présidence ?

La création de la fondation va bien au-delà d’une œuvre financière, contrairement à ce que certains, voyants ou malvoyants, pourraient penser, lorgnant (jeu de mots facile !) sur les ressources financières. C’est avant tout une œuvre sociale, aux multiples projets, au service des personnes qui souffrent de cécité ou de malvoyance, pour que celles-ci trouvent un chemin d’autonomie et de plein épanouissement dans leur vie. J’accorde ma confiance aux dirigeants actuels pour continuer sur cette voie et je souhaite longue vie à la Fondation Valentin Haüy.

Olivier Douin, directeur général 2012 à 2014, puis président de 2018 à 2019.

« Depuis dix ans, la fondation a mené une action basée exactement sur les raisons de sa création : gestion financière et simultanément soutien à l’association. Aujourd’hui, la fondation doit pouvoir regarder vers le futur et faire des investissements qui soient à plus long terme. »

En quelle année et dans quel contexte avez-vous pris la direction de la fondation ?

J’ai pris la direction générale de la fondation en décembre 2012, lors du premier conseil constitutif qui eut lieu le 6 décembre 2012. J’ai été nommé directeur général ce jour-là. Quelles étaient votre feuille de route et vos ambitions pour la fondation ? La fondation a été créée dans une logique très précise qui était de mettre le patrimoine de l’association Valentin Haüy à l’abri. La gouvernance de l’association est plutôt tournée vers l’action de terrain, c’est-à-dire une action qui, au quotidien, s’occupe du bien-être des déficients visuels, alors que la gouvernance de la fondation avait pour mission première de gérer, dans une logique plus financière, la pérennité de ce patrimoine, c’est-à-dire de le maintenir à une valeur qui dépasse l’inflation, et, deuxièmement, de créer des revenus susceptibles de venir prioritairement abonder aux actions de l’association. Enfin de lancer des actions spécifiques à la fondation.

Quelles ont été vos motivations pour prendre la direction générale ?

C’est d’abord un certain intérêt pour la cause, puisque j’avais commencé dès 2010 à travailler à l’association, dans une logique de bénévolat au titre de la cause pour les déficients visuels. Et deuxièmement, je souhaitais apporter une compétence financière, du fait de ma carrière bancaire, de façon à pouvoir gérer ce patrimoine. Ceci, d’une part pour maintenir la valeur, et d’autre part pour en faire ressortir le maximum de revenus afin de financer la cause des aveugles au sens large, et celle de la fondation en particulier.

Quelle est votre relation avec le handicap ?

Je n’ai pas de relation particulière avec le handicap visuel. Il s’avère que j’ai été approché par une amie qui était à l’époque au bureau de l’association. Elle m’a fait venir en faisant ressortir la noblesse de cette cause. Une cause qui m’a intéressé de plus en plus.

Vous qui êtes toujours impliqué, quelle vision et quelles convictions avez-vous pour le futur de la fondation ?

Depuis dix ans, la fondation a mené une action basée exactement sur les raisons de sa création : gestion financière de cette fondation, et simultanément financement des actions de l’association Valentin Haüy. Ce qu’elle a fait de façon relativement importante puisqu’environ quatre-vingt-cinq à quatre-vingt-dix pour cent des revenus de la fondation ont été mis au service de l’association. Aujourd’hui, la fondation doit pouvoir regarder vers le futur et faire des investissements qui soient à plus long terme.

La Fondation Valentin Haüy est désignée dans ses statuts « fondation abritante ». Ainsi, elle accueille trois fondations abritées qui bénéficient de notre personnalité juridique et morale, et de ses expertises : APAM pour concourir à l’autonomie, Retina et Stargardt qui soutiennent des programmes de recherche médicale de pointe. En couvrant des champs d’action complémentaires, ces fondations participent ainsi à l’accomplissement de notre mission envers les personnes déficientes visuelles.

Christian d’Aboville, directeur général depuis 2014.

« Notre objectif : mettre en place des pistes d’amélioration de la vie des déficients visuels. Notre incubateur Access’Lab, les start-up partenaires et les mécènes nous y aident : ces forces convergentes sont formidables. »

Quelle est votre relation avec le handicap visuel ?

J’ai découvert le handicap visuel quand je suis arrivé à la fondation. Je n’avais aucun historique dans ma famille ou dans mon entourage. Tout de suite, j’ai rencontré des gens étonnants qui ont aidé mon acculturation au sujet.

Quelles ont été vos motivations pour prendre cette fonction ?

Mes motivations étaient de deux ordres. D’une part, après une longue carrière professionnelle où j’avais travaillé pour moi, je voulais faire quelque chose pour les autres en tant que bénévole. Par ailleurs, je suis convaincu qu’il faut avoir une activité sociale quand on part à la retraite ; continuer à voir des gens, s’occuper à faire quelque chose de concret.

Quelles sont vos ambitions pour la fondation ?

Mon ambition est de réaliser ce qu’on me demande de faire. D’une part de gérer le patrimoine qui a été donné à la fondation, de le gérer le mieux possible en conservant sa valeur, de dégager le maximum de revenus pour l’association et pour les autres. L’autre objectif est d’arriver à mettre en place des pistes d’amélioration de la vie des déficients visuels. Access’Lab, les start-up partenaires et les mécènes nous y aident : ces forces convergentes sont formidables.

Quelles réalisations probantes souhaitez-vous valoriser ?

Ce qui est probant aujourd’hui, c’est l’activité de notre incubateur Access’Lab : access’ lab mobility, qui est une solution unique d’aide au déplacement et le Localisateur, pour accéder à du contenu en ligne sans difficulté, entre autres. Tous ces projets sur lesquels nous investissons en soutien financier et en expertise ont pour finalité d’améliorer la vie des personnes en situation de handicap visuel, de les faire gagner en confiance, en autonomie.

 La fondation a 10 ans aujourd’hui. Quelle est votre vision de son futur ?

La fondation doit continuer telle qu’elle est aujourd’hui, c’est-à-dire qu’elle doit être force de proposition auprès des start-up, auprès des entreprises, en les aidant à concourir à l’inclusion des personnes déficientes visuelles. C’est notre moteur principal. Le soutien à l’association Valentin Haüy est une obligation et une nécessité. Il faut qu’on le maintienne. Cependant, nous nous sommes donné une stratégie de développement fondée sur l’innovation, les aides numériques, la tech au sens large. Nous devons cultiver cet ADN, car il est plus que prometteur pour nos bénéficiaires.

Bernard Dubois, président depuis 2020.

« Je souhaite que la fondation devienne une référence quand il s’agit de développer des projets pour améliorer l’emploi et la mise à disposition de technologies numériques aux personnes déficientes visuelles. Nous avons la chance d’être entourés de parrains qui y contribuent. »

Quelles ont été vos motivations pour prendre la présidence ?

Mon prédécesseur m’a proposé de prendre la relève lorsque je ne m’y attendais pas. Il était sur le point de partir et songeait à moi pour continuer le travail. J’ai fait le tour des administrateurs, qui étaient tous d’accord. Un grand sentiment d’utilité m’animait. Il y a aussi la cause de la malvoyance qui me touchait, non pas personnellement, mais à laquelle j’étais vraiment très sensible.

Quelles sont les ambitions de votre mandat ?

J’arrivais à un moment où la fondation avait déjà mis en place une stratégie. On avait choisi de s’intéresser à des domaines qui sont voisins et qui ne couvraient pas ce que faisait l’association. Il était question de mettre l’accent sur l’emploi et sur les technologies numériques de pointe. Mon premier objectif était donc de mettre en œuvre cette stratégie en poussant le conseil d’administration de la fondation à l’adopter. Le second était de mieux structurer les relations entre la fondation et l’association pour les fluidifier. J’y travaille toujours.

Quelles réalisations probantes souhaitez-vous valoriser ?

Il y en a deux. La première, c’est l’incubateur. Access’Lab est lancé, Access’Lab fonctionne et Access’Lab a trouvé des projets qui sont porteurs d’avenir. Tout ce qui tourne autour d’access’lab mobility me paraît être un succès d’Access’Lab à transformer. Le second concerne les parrains. Nous avons l’ambition de les développer : d’une dizaine de membres, nous sommes passés à une trentaine. Il y a également cette volonté forte d’impliquer les parrains dans la vie de la fondation. D’abord, ils peuvent être des ambassadeurs, promouvoir ce que fait la fondation ; ensuite, ils peuvent nous aider dans la réalisation de nos objectifs grâce à leurs contacts, leurs expertises.

Que souhaitez-vous pour le futur de la fondation ?

Le premier objectif est de renforcer autant que possible notre patrimoine, de le faire fructifier pour que ses revenus bénéficient toujours plus aux aveugles et aux malvoyants, prioritairement via les activités de l’association. Personnellement, mon ambition est d’aider l’association soit à aller plus vite dans son développement, soit à créer de nouvelles activités pour assurer l’équilibre de son budget. Deuxièmement, la fondation a choisi un prisme précis avec Access’Lab : l’emploi et le numérique. Nous devons nous concentrer sur cette activité. Je souhaite que la fondation devienne une référence en la matière quand il s’agit de développer des projets pour améliorer l’emploi et la mise à disposition de technologies numériques modernes aux personnes déficientes visuelles. Marginalement, nous accompagnons des athlètes de haut niveau déficients visuels, la recherche médicale. Mais contribuer à l’emploi est une priorité.

Créée par l’ONU en 1985, la Journée mondiale du bénévolat est l’occasion de saluer le travail des bénévoles et des volontaires, et de mettre en avant leur importance dans la vie économique et sociale. Définition du bénévolat par le président de la Fondation Valentin Haüy, Bernard Dubois : " Le bénévolat est essentiel à un double titre. Il contribue à ce que j’appelle le bien vivre ensemble. Dans cette terre, nous avons le souhait de bien vivre ensemble. Cela ne peut pas se faire uniquement par les relations contractuelles donc la générosité et la gratuité qui caractérisent le bénévolat sont utiles. Ça a un impact sur la personne puisque ça lui permet de sortir d'elle-même de se tourner vers les autres, et quand on a envie de contribuer à l’humanité, on a le sentiment d’avoir des contributions positives, être satisfait d’avoir pu contribuer à quelque chose qui a du sens et surtout de sortir de son isolement. C’est bénéfique pour la collectivité, la communauté et c’est bénéfique pour soi ".

Il me parait aujourd’hui inconcevable qu’une activité aussi simple que la marche à pied soit encore synonyme de contrainte pour se rendre de son domicile à un lieu de rendez-vous.
Contrainte parce que le parcours est elliptique, incertain, dangereux. Contrainte parce que les trottinettes, les trottoirs abimés... se liguent pour rendre le trajet inconfortable, désagréable et fatigant. Contrainte, enfin, parce que les personnes déficientes visuelles doivent mobiliser une acuité décuplée du point A au point B, du fait de leur handicap.
Access’Lab choisit de s’intéresser à la problématique de la mobilité autonome, considérée par 73% d’entre elles comme un des sujets centraux de leur bien vivre. Nous sommes heureux de travailler avec quatre startups dont les fondateurs ont la fibre de l’intérêt général chevillée au corps. Ensemble, nous réfléchissons à offrir un parcours sans couture, sécurisé. Beaucoup de travail pour une grande ambition, mais notre volonté à tous est à la hauteur de l’enjeu et des attentes.
Ce projet est aussi l’occasion pour moi de réitérer la philosophie d’action de la fondation via son incubateur :

  • esprit pionnier : pour que se rencontrent les mondes de l’innovation, du numérique, du handicap visuel, des entreprises... ;
  • indépendance : notre commission de pilotage des projets est composée de contributeurs internes et externes qui œuvrent en toute équité et transparence ;
  • ouverture d’esprit et altruisme : pour inscrire notre activité dans un écosystème le plus large possible, pour amplifier son action et écouter ce qui se fait de meilleur autour d’elle ;
  • enfin, l’engagement : nous mobilisons toutes les ressources nécessaires pour mener à bien le développement des projets, dans la durée.

"1 kilomètre à pieds, ça use, ça use...", mais faire la route ensemble nous fait avancer plus loin.

Après son baccalauréat, Christina Zeitz opte pour la chimie dans une université du Sud de l'Allemagne. Le jour de la rentrée, les professeurs suggèrent aux femmes inscrites en première année de se destiner à enseigner dans le secondaire. Un conseil qui ne sera pas entendu !

L'étudiante obtient un Master à Berlin et suit son directeur de thèse à l'université de Zurich. C'est le début de sa spécialisation dans l'ophtalmologie génétique. L'année 2007, celle de la fin du « postdoc », marque un tournant. Les propositions ne manquent pas : Vienne, Tubingen et Paris, où l'Institut de la Vision vient d'être créé.

« Je n'ai pas hésité très longtemps. À Paris, j'avais l'opportunité de devenir chef d'équipe et de me partager entre la recherche et l'enseignement sans que ce dernier soit dominant. Et puis, mon futur mari était ici et, après sept années d'allers-retours en train, l'idée de vivre dans la même ville avait ses attraits. »   

Un quotidien professionnel stimulant

Christina obtient un poste à l'Inserm en 2010, à l'issue d'un concours qu'elle passe enceinte ! Aujourd'hui directrice de recherche, elle exprime une motivation de novice. « Le plus stimulant, c'est de faire le lien entre les programmes d'études et les nouvelles approches thérapeutiques, ce qui implique d'être en relation avec les patients susceptibles de contribuer à la qualification des traitements. »

Collaborer avec des praticiens du monde entier, former des étudiants et post-doctorants, diffuser l'information sur les enjeux actuels en ophtalmologie... Pour Christina, c'est bien l'engagement collectif qui fait le sel de la vie professionnelle ! 

Handidote donne la parole à Dario Spagnolo, porteur du programme de formation au métier d'intégrateur web, en distanciel accessible. Intégra11y accueillera dès octobre prochain sa première promotion de personnes déficientes visuelles désireuses de s'investir dans un métier porteur. Le recrutement démarre : découvrez et partagez sans compter !

Visionner la vidéo ici

En France, 12 millions de personnes vivent avec un handicap. Une situation qui pénalise l'insertion dans le monde du travail, en dépit des efforts pour favoriser l'inclusivité. Dans son livre qui vient de paraître aux éditions Stock, Ma vie est un sport d'équipe, Laetitia Bernard témoigne de son expérience de journaliste sportive et de championne de France en sauts d’obstacle handisport. Surtout, elle relate comment, aveugle de naissance, elle a appris à affronter les obstacles constitués par son handicap.

A écouter urgemment : https://www.franceinter.fr/emissions/le-telephone-sonne/le-telephone-sonne-05-mai-2021

Pour feuilleter son livre : https://www.franceinter.fr/culture/feuilleter-ma-vie-est-un-sport-d-equipe-de-laetitia-bernard-journaliste-cavaliere-et-non-voyante

Alors que le coronavirus se développait partout dans le monde, notre champion paratriathlète, Thibaut, décida néanmoins de partir aux Etats –Unis pour concourir au championnat continental (2020 Sarasota PATCO Paratriathlon Panamerican Championships ) le 14 mars et à la coupe du monde de paratriathlon (2020 Sarasota-Bradenton ITU Paratriathlon World Cup) le 22 mars. 

Dès l’arrivée en Floride : échauffement à vélo, course à pied et natation… et annonce de l’annulation de la coupe du monde du 22 mars. Son co-équipier et lui décident dès lors de tout donner pour le championnat continental du 14 mars…qui sera également supprimé. Qu’à cela ne tienne, ils profitent des bonnes conditions qu’offre la Floride pour vérifier les progrès réalisés durant l’hiver en natation et en course à pied. Résultat : records personnels battus ! 
Depuis son retour précipité en France le 24 mars, Thibaut poursuit sans relâche ses entraînements, alternant entre tapis de course et renforcement musculaire. 
Les JO paralympiques de Tokyo auront finalement lieu du 24 août au 5 septembre 2021 : Thibaut compte profiter de ce report pour s’améliorer et se qualifier. 

La Fondation Valentin Haüy lui confirme son soutien dans la réussite de ses objectifs. 

Entretien avec Bertrand Billard, son coach sportif

Thibaut et Bertrand se sont rencontrés lors d’un stage de l’équipe de France de paratriathlon, à Cannes, en avril 2019. Thibaut y avait été invité suite à des tests de détection prometteurs ; dans le même temps, la Fédération avait contacté Bertrand Billard pour qu’il devienne son guide.

Les qualités humaines de Thibaut et la solidité de son projet sont les raisons qui ont poussé Bertrand à accepter de l’accompagner. À ce propos, Il confie : « avoir été bluffé par ses capacités bien au-dessus de la moyenne à ressentir les choses, notamment en natation, une discipline dans laquelle il progresse très vite ».

Travailler avec Thibaut a permis à son coach de se rendre compte des problématiques d’entraînement liés au handicap visuel, également de se sensibiliser aux difficultés rencontrées par les personnes déficientes visuelles dans leur vie quotidienne.

Les freins majeurs que rencontre Thibaut pour mener à bien son projet est de combiner ses entraînements avec ses études de kinésithérapeute et sa vie parisienne. Le défi : gérer la fatigue liée à l’effort visuel quasi permanent. A cela, précise Bertrand Billard, « il faut ajouter que Thibaut, propulsé dans un projet de haut niveau en seulement 6 mois, doit apprendre les rudiments du triathlon en accéléré ».

Pour conclure sur un trait d’humour, Bertrand décrit Thibaut comme « un suceur de roue » : toujours à l’abri du vent derrière un copain !

Thibaut, déficient visuel, est étudiant masseur-kinésithérapeute au CFRP (AVH) et triathlète. Jeune vendéen de 29 ans, il est atteint d’une rétinite pigmentaire diagnostiqué à l’âge de 8 ans. Ce qui ne l’a pas empêché de s’épanouir tant sportivement qu’intellectuellement !Contenu de l'article

Thibaut, déficient visuel, est étudiant masseur-kinésithérapeute au CFRP (AVH) et triathlète.

Jeune vendéen de 29 ans, il est atteint d’une rétinite pigmentaire diagnostiqué à l’âge de 8 ans. Ce qui ne l’a pas empêché de s’épanouir tant sportivement qu’intellectuellement !

Après une licence STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives), Thibaut s’est spécialisé en management du sport.

Parallèlement à ses études, il pratique le football, puis le cécifoot lorsqu’il a 20 ans.
En 2018, il décide de se lancer dans le triathlon. Sa famille est de nature très sportive : sa mère a longtemps joué au basket et son père avec la participation de son petit frère ont réalisé le Dakar à moto. Elle pousse ainsi leur fils à vivre son rêve.

Son objectif : participer aux Jeux olympiques et y décrocher une médaille !

Aujourd’hui, il fait partie de l’équipe de France de paratriathlon, placé 10e dans la liste des qualifications pour les Jeux Paralympiques de Tokyo en 2020.

Motivé comme jamais, il s’entraîne d’arrache-pied pour être qualifié.
Son profil a donné envie à la Fondation de le soutenir afin qu’il puisse réaliser son rêve.

Suivre les performances de Thibaut Rigaudeau : https://www.facebook.com/thibautrigaudeauparatriathlete/

Articles de presse : https://blog.lequipe.fr/fondaction/operation-tandem/

La décision de créer benjamins media, en 1987, est née d'un constat : le manque d'une littérature de qualité accessible aux enfants déficients visuels. Pendant ses dix premières années, la maison d'édition a adapté les Belles histoires de Pomme d'Api en version braille et sonore. Nous avons ensuite diversifié le catalogue en faisant appel à des auteurs qui imaginent des histoires inédites et porteuses de sens.

Depuis l'origine, nous associons l'interprétation, la mise en musique et la mise en son, avec l'ambition de créer des images sonores à l'oreille des enfants. Cela explique certains de nos choix, comme celui d'intégrer dans l'équipe un réalisateur sonore, de travailler finement l'articulation entre le texte et la narration ou encore d'encourager la collaboration entre les auteurs et les illustrateurs.   

Aujourd'hui, trois collections de livres CD/MP3 coexistent dans notre catalogue : Taille S pour les enfants dès 15-20 mois, Taille M les 3-6 ans, Taille L pour les 6-7 ans. Le braille et les gros caractère, réalisés par l’imprimerie de l’association Valentin Haüy, sont proposés en option en fonction des besoins. L'idée est vraiment de faire du « cousu main » !

Ces dernières années, benjamins media a gagné en notoriété grâce à des collaborations avec de nombreux auteurs et illustrateurs reconnus. En plus d'être sensibles à notre démarche auprès des enfants déficients visuels, les artistes qui nous rejoignent ont le sentiment d'entrer dans un catalogue très qualitatif. 

Aujourd'hui, notre programme éditorial est arrêté deux ou trois ans à l'avance, ce qui nous permet d'apporter l'attention nécessaire à chaque publication. Cette visibilité favorise également les projets de développement. Dans les prochaines années, nous aimerions ainsi porter notre rythme de parution à 5 ou 6 ouvrages par an (contre 4 aujourd'hui) et développer une collection de livres à puces. L'accompagnement de la Fondation Valentin Haüy est essentiel dans la concrétisation de nos ambitions. Quand on sait que tous nos livres en braille sont fabriqués par l'imprimerie de l'association Valentin Haüy, qui fait référence pour la production de supports accessibles aux personnes déficientes visuelles, on comprend que notre partenariat va au-delà du simple soutien financier.

Lucie Care est un fonds de dotation créé il y a trois ans. Son ambition est de contribuer à des actions utiles en faveur des enfants et adolescents non-voyants et déficients visuels.

Dès lors qu'une demande nous est transmise, notre bureau l'étudie de manière approfondie avant de la soumettre à l'attention du conseil d'administration. Ainsi, nous nous assurons de sélectionner des projets qualitatifs, portés par des partenaires professionnels et avec qui nous partageons la même philosophie d'action.

Quand la Fondation Valentin Haüy nous a proposé d’accompagner Benjamin Médias - dont elle soutient aussi la production des supports adaptées - dans le cadre du salon du livre jeunesse de Montreuil, l'évidence s'est vite imposée : avec ses éditions adaptées en audio, braille et gros caractères, cet éditeur est en parfaite correspondance avec la mission que s'est donnée Lucie Care. La cohérence du projet ainsi que l'impact de l'évènement ont achevé de nous convaincre. Si nous avons pu aider Benjamins Média à se faire connaître de notre public, nous en sommes heureux ! 

Alain Ribet, Président du fonds de dotation Lucie Care

 L’accessibilité numérique pour les personnes déficientes visuelles doit être vue comme un enjeu fort d’équité

Olivier Douin, président bénévole de la Fondation Valentin Haüy, engagé depuis 2012

A la création de la Fondation Valentin Haüy en 2012, les membres fondateurs - dont je fais partie - avaient déjà identifié le numérique comme un enjeu fort d’accessibilité aux interfaces et aux contenus. Nous avions donc choisi de soutenir l’initiative personnelle d’un expert en accessibilité au bénéfice gratuit de tous : le Localisateur. Forte de la valeur ajoutée de la solution pour les personnes déficientes visuelles, nous confortons chaque année notre soutien aux développements sur mobile et bientôt sur la Google home. 2017 a vu l’ouverture d’un projet d’envergure : un institut de formation ayant vocation à transmettre à des formateurs bénévoles déficients visuels et voyants les connaissances informatiques et numériques adaptées les plus à jour. Et le défi est de taille ! Le handicap visuel touche près de 2 millions de personnes aujourd’hui ; et le numérique devenu incontournable menace d’exclusion 13 millions de Français*, dont le public handicapé que nous servons. C’est là une inquiétante contradiction. Pour être vertueuse, cette voie du numérique se doit d’être accessible et inclusive. C’est plus que jamais la stratégie de développement de la Fondation Valentin Haüy auprès des porteurs de projets et des mécènes.

*Source : direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (DINSIC)_2017

Je souhaite donner à ceux pour qui la vie est moins clémente

Bruno Grêlé, bénévole au service développement, engagé depuis 2017

Après une carrière très bien remplie aux quatre coins de la planète, il m’est apparu évident que je devais donner de mon temps et de mon énergie pour ceux pour lesquels la vie n’avait pas été aussi clémente. Le hasard d’un accompagnement m’a fait croiser la route de Valentin Haüy. Et j’y ai rencontré de belles personnes et des initiatives passionnantes !

Le projet de la Fondation Valentin Haüy autour du numérique pour tous, déficients visuels et  personnes empêchées incluses, est particulièrement motivant. Utiliser le meilleur de la technologie pour faciliter la vie quotidienne de ceux qui luttent souvent courageusement pour leur autonomie est une bataille qui mérite d’être menée. Je suis heureux d’y apporter ma contribution.

L’altruisme, c’est cultiver le don de soi au service de tous

Christian d’Aboville, directeur général bénévole de la Fondation Valentin Haüy, engagé depuis 2014

Notre époque est confrontée à de nombreux défis. Notamment ceux de concilier les impératifs de l’économie et la recherche de l’équité. L’altruisme est une impérieuse nécessité - et probablement la seule réponse - pour mettre leurs enjeux et leurs exigences respectives en harmonie. L’altruisme constitue à mon sens un travail de jardinage : celui de cultiver les qualités d’ouverture aux autres, la compassion et l’empathie.
En 2014, je me suis engagé auprès de la Fondation Valentin Haüy, pour deux raisons : servir une cause trop peu connue, pour contribuer à la révéler ; mettre mes compétences professionnelles à la disposition d’une urgence face aux besoins de personnes déficientes visuelles de plus en plus nombreuses à accompagner.
M’engager n’a donc pas été un vain mot car j’estime devoir tenir mes promesses envers la mission concrète que la Fondation m’a confiée : celle de développer autant d’initiatives que possibles facilitant le quotidien des personnes atteintes d’un handicap visuel. Le sens de mon implication n’est valable que dans la transformation d’idées ou d’intuitions en actions.

Patricia Abecassis, consultante et formatrice

« Devenir formateur bénévole au numérique, c’est maîtriser une technicité et être capable de choisir une pédagogie d’apprentissage adaptée, centrée soit sur la découverte, la démonstration ou la mise en pratique. Un adulte déficient visuel apprend s’il comprend l’objectif du stage et si son contenu est en relation directe avec son quotidien. L’apprentissage passe par l’action. L’apprenant doit se sentir intégré, considéré et utile. Il attend du formateur de la vigilance pour le faire progresser et l’accompagner vers l’autonomie. »

Cyndi Asselin, tutrice non voyante, 32 ans, comité de Chambéry

« Cette formation a complété mes connaissances à double titre. La partie théorique m’a fait vraiment réaliser ce que signifie être formateur face à des personnes vulnérables : nous avons un rôle clé à jouer auprès d’elles. La partie technique détaille, quant à elle, des fonctionnalités, de Windows par exemple, que je n’utilisais pas spontanément donc je suis plus efficace. Et apprendre dans une telle convivialité était la cerise sur le gâteau ! »

Contact : s.rolot@www.fondationvalentinhauy.fr

Rencontre avec Manuel Pereira et Jean-Pierre Carpanini, du Centre d’évaluation et de recherche sur les technologies pour les aveugles et les malvoyants (Certam), accompagnent les entreprises vers l’accessibilité de leurs produits et supports numériques.

Quelle est la mission du Certam ?

JEAN-PIERRE CARPANINI : Le Certam a été créé pour procéder à de l’évaluation technologique adaptée à la déficience visuelle. Le but est d’informer et de référencer autant que l’on peut les différentes techniques et solutions existantes pour les personnes déficientes visuelles.

MANUEL PEREIRA : Notre mission de veille et d’évaluation pour les personnes déficientes visuelles s’est élargie à la sensibilisation aux entreprises, administrations et acteurs économiques, à l’importance de rendre leurs sites et leurs applications accessibles. Cela leur permet ainsi de monter en compétences et de former leurs équipes à l’accessibilité numérique au sens large.

Comment est perçue la notion d’accessibilité ?

J.-P. CARPANINI : Elle est trop souvent vue comme une contrainte. Or si elle est intégrée en amont dans la conception, elle peut offrir de nouvelles fonctionnalités.

M. PEREIRA : L’accessibilité peut ouvrir un marché peu envisagé. Le fait de s’appuyer sur le Certam permet aux entreprises de disposer d’une caution en termes d’accessibilité pour le développement d’un produit. En effet, les personnes en situation de handicap ne demandent pas que l’on conçoive des produits dédiés, elles souhaitent consommer comme tout le monde. C’est pour cela qu’en s’adressant au Certam, les entreprises sont plus assurées de bien faire.

Êtes-vous sollicités par des entreprises pour tester leurs produits ? :

M. PEREIRA : Pour le Web, nous sommes contactés pour vérifier si leurs sites sont utilisables ; c’est plus souvent le cas pour de petites structures qui démarrent et qui veulent que leurs sites soient accessibles. D’autres nous demandent également d’évaluer l’accessibilité de leurs applications mobiles ou de leurs questionnaires en ligne.

J.-P. CARPANINI : Concernant le matériel, nous évaluons des produits conçus pour le marché de niche que constitue la déficience visuelle, ou des produits grand public vendus en France intégrant une couche d’accessibilité. Suite à cet audit, nous créons une fiche d’évaluation.

En savoir plus sur le CERTAM : cliquez ici
Contact : certam@avh.asso.fr

La première conférence sur l’accessibilité numérique se tenait le 14 mars dernier dans les locaux de Google France et était co-organisée par la Réserve civique, l’Association et la Fondation Valentin Haüy et Webassoc. Plus de 200 participants issus du secteur solidaire, de grandes entreprises privées et publiques et des administrations ont répondu présents à cet événement visant à sensibiliser et à promouvoir l’accessibilité numérique pour tous, et surtout pour les publics en situation de handicap. Le web est plus que jamais au cœur de toutes les activités quotidiennes, qu’elles soient personnelles ou professionnelles, et son usage en devient incontournable. Il est donc urgent de considérer l’accessibilité de toutes les interfaces numériques. Pour les personnes handicapées, c’est une condition indispensable pour mener une vie autonome. C’est ce grand enjeu que les intervenants ont porté lors de cette conférence.
Contact : mn.pereira@avh.asso.fr

Lucie Care est un fonds de dotation créé par l’UNADEV, l’Union Nationale des Aveugles et Déficients Visuels. Son but principal est de venir en aide aux jeunes déficients visuels pour leur offrir les mêmes chances de développement et de réussite que les autres enfants. C’est dans cet esprit que Lucie Care a choisi de soutenir l’expertise de transcription des partitions musicales brailles dispensées par l’association Valentin Haüy.

Laëtitia Cousin, étudiante, pratique le chant, le piano, le violon. « La musique, c’est une passion pour moi, une façon de vivre aussi légèrement que possible le handicap. L’équation me semble simple pour comprendre toute l’importance d’une partition adaptée : musique égale solfège, solfège égale lecture, lecture égale braille. CQFD. Dans un instrument à cordes, l’âme est une petite pièce qui, placée sur la caisse de résonance, influe sur la qualité du son. Chaque nouvelle partition est mon supplément d’âme. »

En savoir plus sur l’expertise : transcription.musicale@avh.asso.fr

Devenir mécène de ce projet : s.rolot@www.fondationvalentinhauy.fr

Il reste encore beaucoup à expliquer et à réaliser en matière d’accessibilité numérique, condition sine qua non de l’autonomie des personnes empêchées de lire en raison d’un handicap. Sur un sujet qui ne devrait plus en être un, balayons quelques idées reçues.

« Réaliser un site accessible augmente les coûts »

L’accessibilité d’un site web ne doit pas être perçue comme un coût supplémentaire, surtout quand elle est intégrée en amont des développements. Elle permet souvent d’ouvrir un marché dont le potentiel ne s’adresse pas qu’aux personnes déficientes visuelles, mais aussi aux personnes souffrant d’un handicap auditif, moteur ou même cognitif.
« Un site accessible ne peut pas être graphiquement beau »

Accessibilité et créativité sont deux problématiques différentes mais en aucune façon contradictoires ou incompatibles. Concevoir un site web accessible implique de réfléchir prioritairement à l’utilisation des couleurs de contraste, de fournir des contenus alternatifs pour les images et les éléments graphiques qui nécessitent d’être audiodécrits.

« Un site accessible ne permet pas un bon référencement »

L’effort de structuration et de sémantisation accru bénéficie au contraire au référencement par les moteurs de recherches.
 « Un site accessible aux personnes déficientes visuelles est un site de niche »

Les personnes en situation de handicap ne demandent pas à ce que soient conçus des produits stigmatisants. Elles veulent consommer comme tout le monde. D’autre part, en intégrant la notion d’accessibilité dès la conception et dans la production des contenus au fil du temps, cela permet d’enrichir facilement des adaptations futures, plutôt que d’installer des systèmes fermés donc peu ou pas évolutifs.

Contact Accessibilité :

Manuel Pereira : mn.pereira@avh.asso.fr