Athlète de l'équipe de France de para-athlétisme, Delya Boulaghlem en 10 questions.

« Au quotidien, je suis toujours en quête de maximum d’autonomie. »

Q1 : Pouvez-vous vous présenter ?
DB : Je m'appelle Delya Boulaghlem, j'ai 34 ans. De formation, je suis kinésithérapeute. Je suis une athlète de l'équipe de France de para-athlétisme, mes spécialités sont le sprint et le saut en longueur.

Q2 : Quel handicap avez-vous ?
DB : Je suis malvoyante de naissance à la suite d’une atteinte dégénérative de la rétine. J’ai appris par la force des choses à m’adapter à un maximum de situations différentes pour évoluer.

Q3 : Comment avez-vous débuté dans ce sport ?
DB : En fait en 2015, je me suis rapprochée d'un club handisport dans ma ville, le Handisport lyonnais, qui m'a mise directement en contact avec un entraineur qui avait l'habitude du handicap visuel. C’est ainsi que j'ai découvert et appris l’athlétisme, et quelques mois plus tard, j'ai fait mon premier dix kilomètres qui s'est super bien passé. Puis fin 2015, mon entraineur m'incitait régulièrement à faire du sprint. Mais cela ne faisait pas spécialement écho dans ma tête jusqu'en début 2016 où il m'a proposé de faire un 400 mètres en salle. C’est à ce moment que je me suis vraiment lancée, à 26 ans.

Q4 : Quels principaux défis rencontrez-vous ?
DB : La récupération. Apprendre à connaitre son corps et comprendre quand on a des signaux d'alerte pour éviter les blessures et la surcharge d'entrainement. L'autre difficulté principale est de trouver un guide avec qui cela va bien fonctionnement, principalement sur le plan sportif, mais également sur le plan humain c’est très important.

Q5 : Quel est votre palmarès à ce jour ?
DB : J'ai eu quelques médailles en championnat de France, j'ai participé aux championnats de France en salle, aux championnats de France d’été. J’ai les records de France sur 100m, 200m, 400m, et en saut en longueur.  En 2021, j’ai eu ma première sélection en équipe de France, j'ai participé aux championnats d'Europe en Pologne où je suis arrivée 4ème en saut en longueur et où j’ai obtenu la médaille d’argent sur le 200m, et le bronze sur le 100m. En 2023, j'ai été à nouveau sélectionnée en équipe de France et j'ai participé pour la première fois aux championnats du monde à Paris.

Q­6 : Qu'est-ce qui vous motive ?
DB : Se dépasser et aller chercher vraiment le plus loin possible cette idée de défi.
Continuer à progresser et réunir les meilleures conditions pour consolider le trio formé avec mes deux guides Juliette Cinato et Farah Clerc, pour atteindre ensemble le plus haut niveau International possible.

Q7 : Quel est votre prochain grand défi ?
DB : Aller chercher la qualification aux Jeux !

Q8 : Quel modèle sportif/ive vous inspire ?
DB : Christine ARRON. Pour moi, elle représente un modèle de persévérance remarquable dans la gestion de sa carrière sportive. Elle est bien plus qu’une athlète inspirante, elle fait partie de ces femmes motivantes qui réussissent à être mère de famille, femme active et en plus engagée pour défendre leurs idées.

Q9 :  Quel impact positif sur votre parcours sportif a le partenariat avec la Fondation Valentin Haüy ?
DB : Grâce au soutien de la fondation, je suis très contente de pouvoir enfin financer mes guides et rendre leur activité de guide un peu plus professionnelle car elles ont un investissement professionnel, mais la reconnaissance, elle, n'est pas professionnelle.

Q10 : Quelle est votre devise ?
DB : Prendre des risques conscients pour réussir, c’est surtout risquer de réussir.