Actualité des fondations abritées

Fondation Apam, Fondation Retina, Fondation Stargardt

Inédit ! L’Institut de réadaptation visuelle Saint-Louis a ouvert ses portes au sein des Quinze-Vingts.

En France, on estime à deux millions le nombre de personnes touchées par la basse vision, caractérisée par une vision inférieure à 4/10 avec une correction et un champ de vision inférieur à 60°. Un champ de vision normal est de 180°.Or d’après l’étude Homère, 50 % d’entre elles n’accèdent pas aux dispositifs d’aides techniques et humaines nécessaires, avec un risque plus important d’isolement social.
Face à ce constat, l’Hôpital des Quinze-Vingts et l’Association Valentin Haüy ont mobilisé des partenaires pour ouvrir une structure inédite en France : l’Institut de réadaptation visuelle Saint-Louis qui propose un parcours complet d’accueil, d’orientation, de suivi médical, de soutien médico-social, et également un travail de recherche et d’innovation de pointe sur le handicap visuel. Ceci afin d’améliorer de façon significative le quotidien de cette population.
L’Institut Saint-Louis a ouvert ses portes le 1er février 2024 ! Les personnes déficientes visuelles ont maintenant accès à une plateforme à 360° de soins et de services complémentaires leur permettant de récupérer et préserver leur autonomie et éviter toute rupture d’accompagnement. En cohérence avec sa mission, la Fondation APAM contribue à ce projet en finançant la salle de formation informatique et la cuisine adaptée de démonstration.
https://www.15-20.fr/offre-de-soins/institut-saint-louis/.

La lumière bleue dangereuse pour la rétine ?

Tout au long de notre vie, nos yeux sont constamment exposés à différentes formes de lumière, qu’elle provienne du soleil ou d’appareils électroniques tels que les LED, la télévision, les téléphones portables ou les ordinateurs. Des recherches suggèrent que la partie bleue de la lumière visible peut avoir des effets nocifs sur la rétine de l’œil humain. Dans le monde numérique d’aujourd’hui, cette étude vise à comprendre comment cette lumière peut endommager la rétine, en particulier chez les personnes atteintes de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), une maladie qui affecte la vision centrale. Le professeur Leveziel et son équipe, qui exercent au CHU de Poitiers, vont utiliser des modèles cellulaires dits « organoïdes » qui sont capables de reproduire le fonctionnement de l’œil. Ces modèles seront exposés à différentes longueurs d’onde de lumière pour voir comment ils réagissent et évaluer les dommages éventuels.
En parallèle, ce projet va également tester l’efficacité d’un traitement antioxydant pour voir s’il peut protéger la rétine contre les dommages induits par la lumière. Il devrait fournir des informations précieuses sur la manière dont la DMLA se développe dans un environnement cellulaire plus complexe, plus proche de ce qui se passe réellement dans le corps humain que les modèles de laboratoire plus traditionnels.
https://www.fondationvalentinhauy.fr/fondation/fondations-abritees/fondation-retina/

Des modèles d'expérimentation au plus proches de l'humain

Pour que les projets actuels de recherche médicale sur la maladie de Stargardt gagnent en efficacité, il est essentiel de trouver des modèles d’expérimentation qui soient plus proches de l’homme. La Fondation Stargardt finance en 2024 un nouveau projet de recherche, en collaboration avec le CNRS et l’Institut des neurosciences cellulaires et intégratives (INCI) de l’Université de Strasbourg. L’équipe de recherche encadrée par le professeur David Hicks a mis au point un protocole d’injection intraoculaire chez des jeunes « psammomys », une espèce de rongeurs proche de la souris, mais avec des yeux actifs le jour. Ces rongeurs diurnes possèdent un pourcentage élevé de cônes (~33%), ce qui rend leur rétine centrale similaire à celle des humains. Jusqu’à présent, les chercheurs utilisaient principalement des rongeurs de nuit dans les essais. Or ces modèles ne récapitulaient pas ou peu la vraie maladie, à savoir qu’ils ne subissaient pas de dégénérescence tissulaire ni perte de la vision. L’ensemble des travaux réalisés sur ces « psammomys » a permis d’affirmer que ce modèle est bien le premier à récapituler assez fidèlement la maladie de Stargardt humaine dans son ensemble – disparition des cônes, perte de sensibilité visuelle, accumulation de la lipofuscine. Cela devrait ouvrir des axes fort intéressants en recherche scientifique et thérapeutique. Cela dit, pour atteindre les essais précliniques, le modèle doit encore passer des contrôles scientifiques d’une durée de trois mois. La fondation a décidé de soutenir le projet tout au long de cette période de tests.

« Ce modèle “psammomys” de rongeur découvert par le professeur Hicks aura pour objectif d’étudier avec beaucoup plus de facilité la vulnérabilité des photorécepteurs au fur et à mesure que l’affection du gène Abca4 – responsable de la maladie – évolue. L’utilisation de ce rongeur par les laboratoires pharmaceutiques ou les sociétés de biotechnologie souhaitant développer des médicaments pour soigner la maladie de Stargardt leur permettra d’apporter aux agences réglementaires des preuves d’efficacité plus solides pour permettre le passage vers l’essai clinique sur l’homme. » Denis Cayet, président de la Fondation Stargardt.
www.stargardt.fr/.