Qu’est-ce que les rétinites pigmentaires ?

Les rétinites pigmentaires regroupent un ensemble de maladies oculaires génétiques parmi les plus courantes.

Les rétinites pigmentaires regroupent un ensemble de maladies oculaires génétiques parmi les plus courantes. Affectant environ 1,5 million de personnes à travers le monde, dont 40 000 en France, ces pathologies se caractérisent par une dégradation progressive de certaines cellules de la rétine, plus précisément les photorécepteurs responsables de notre capacité à voir. Voici un éclairage sur cette maladie, ses origines, symptômes, et surtout, les avancées prometteuses de la recherche.

La rétine, cette fine membrane tapissant le fond de nos yeux, joue un rôle clé dans notre vision. Elle abrite deux types principaux de photorécepteurs : les bâtonnets, qui nous permettent de voir dans des conditions de faible luminosité, et les cônes, essentiels pour la vision des couleurs et des détails. Dans le cas des rétinites pigmentaires, c'est une dégénérescence majoritairement des bâtonnets qui est observée, entravant sévèrement la vision nocturne et périphérique des individus affectés.

Les rétinites pigmentaires se transmettent selon différents schémas génétiques : autosomique récessif, autosomique dominant, ou lié à l'X, ce dernier étant souvent le plus sévère. Les symptômes varient d'une personne à l'autre mais incluent principalement des difficultés à voir dans l'obscurité et une perte progressive du champ visuel, pouvant mener à une vision tubulaire, voire à la cécité totale. Cette diversité dans les manifestations des rétinites pigmentaires s'explique par la grande hétérogénéité génétique de la maladie, avec plus de 80 gènes impliqués.

Le diagnostic des rétinites pigmentaires se fait souvent suite à une consultation ophtalmologique motivée par une baisse de la vision nocturne ou des antécédents familiaux. L'observation du fond d'œil et divers tests, dont l'électrorétinogramme, permettent de confirmer la maladie. Un test génétique peut également être proposé pour identifier la mutation spécifique en cause.

Alors que les rétinites pigmentaires étaient jusqu'à récemment considérées comme incurables, l'horizon s'éclaircit grâce à la recherche. La thérapie génique se présente comme une avenue prometteuse, avec des traitements tels que le Luxturna® offrant de nouveaux espoirs. Cette approche vise à corriger directement une mutation génétique très spécifique à l'origine de la maladie. D'autres pistes, comme l'optogénétique et la thérapie cellulaire, explorent la possibilité de restaurer la vision en agissant sur les cellules de la rétine à différents niveaux.

Au-delà des défis médicaux, les rétinites pigmentaires posent un véritable enjeu d'intégration sociale et professionnelle pour les personnes atteintes. La perte progressive de la vision requiert des adaptations importantes, d'où l'importance des aides à la basse vision et des nouvelles technologies d’assistance permettant pour maintenir une qualité de vie.

En conclusion, bien que les rétinites pigmentaires représentent un défi médical et social considérable, les progrès de la recherche apportent une lueur d'espoir à ceux touchés par cette condition. Par le biais de la sensibilisation, du soutien à la recherche, et du développement de solutions thérapeutiques innovantes, nous pouvons aspirer à un avenir où la cécité ne sera plus une fatalité pour les personnes atteintes de rétinites pigmentaires.