Caractérisation de nouveaux gènes chez des patients atteints de dégénérescence rétinienne sans diagnostic
Ce projet cible l'impasse diagnostique dans laquelle se trouvent de nombreuses familles touchées par des maladies rares de la rétine. L'étude se concentre sur les dégénérescences rétiniennes qui touchent les cellules photoréceptrices de l'œil précisément au niveau des cils connecteurs (les ciliopathies). À court terme, cela permettra d'établir un diagnostic génétique précis pour un meilleur accompagnement des patients ; à long terme, cela ouvrira la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques.
La rétinite pigmentaire est une maladie génétique rare, touchant environ 40 000 personnes en France, et entraînant une perte progressive de la vision jusqu’à la cécité. Dans certains cas, une seule mutation du gène NR2E3 suffit à déclencher la maladie.
L’édition du génome, technologie récompensée par le Prix Nobel de Chimie 2020 (Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna), offre une solution innovante en corrigeant directement la mutation, là où les thérapies classiques restent limitées.
Les travaux du Dr Kalatzis montrent qu’il est possible de cibler spécifiquement le gène défectueux. Pour tester cette approche, son équipe utilise des organoïdes rétiniens, de petites rétines cultivées en laboratoire à partir de cellules de patients. Ce modèle reproduit fidèlement la maladie et permet de développer des traitements personnalisés, sans recours à l’expérimentation animale.
Cette stratégie pourrait fournir une preuve de concept et ouvrir la voie à un traitement à fort impact clinique.
Les maladies dégénératives rétine sont une des causes majeures de cécité sans qu’aucun traitement ne soit disponible.
La thérapie cellulaire utilisant les cellules souches est une des approches innovantes les plus prometteuses. Toutefois, les travaux récents montrent que les cellules transplantées ont une capacité limitée à restaurer la vue.
Nous proposons donc de combiner la thérapie cellulaire à l'optogénétique, une technique permettant de rendre une cellule photosensible, propriété naturelle des photorécepteurs. Nous produirons des photorécepteurs à partir de cellules souches modifiées pour répondre à des stimulations optogénétiques. Ces cellules seront transplantées dans deux modèles de dégénérescence rétinienne. Nous évaluerons alors le devenir des cellules transplantées et la restauration visuelle à l’aide de technique d’imagerie, des examens fonctionnels et des tests comportementaux.
Les résultats de ce travail seront essentiels pour évaluer le potentiel thérapeutique de cette approche en vue d'une future application clinique.
La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) est une maladie qui touche surtout les personnes âgées et peut entraîner une perte de vision importante. Plusieurs causes peuvent expliquer son apparition, notamment des facteurs génétiques et environnementaux.
Parmi les causes génétiques, une petite modification sur le chromosome 10, appelée haplotype mineur (mH), joue un rôle important. Cette variation agit sur un gène appelé HTRA1. Les chercheurs pensent que cette modification pourrait dérégler la production de la protéine HTRA1, notamment dans certaines cellules de l'œil appelées phagocytes mononucléaires (PMs) — des cellules du système immunitaire. Quand il y a trop de cette protéine dans ces cellules, elles restent bloquées dans la rétine au lieu de s’éliminer naturellement. Résultat : elles s’accumulent et provoquent une inflammation, ce qui aggrave la DMLA.
Pour mieux comprendre ce phénomène, les chercheurs ont créé un modèle génétiquement modifiée pour produire plus de HTRA1 dans certains types de cellules. Les premiers résultats montrent que cela accentue l’inflammation dans la rétine. La prochaine étape ? Tester ce qui se passe quand la protéine HTRA1 est produite dans d’autres types de cellules, comme celles qui forment la couche pigmentaire de l’œil, pour mieux comprendre le rôle précis de cette protéine et imaginer de nouveaux traitements contre la DMLA.
En début d’année 2024, la Fondation STARGARDT a décidé de financer le projet de recherche de l’Institut des Neurosciences Cellulaires et Intégratives (INCI) de l’Université de Strasbourg, en collaboration avec le CNRS.
Encadré par le Pr. David Hick, le projet s’annonce très prometteur : il met au point un modèle de rongeur diurne capable de récapituler de façon plus fidèle la maladie de Stargardt humaine.
Jusqu’à présent la recherche sur la maladie de Stargardt se servait principalement de rongeurs de nuit mais les conditions de leurs rétines correspondent peu à celles observées chez les être humains.
À terme, le modèle d’expérimentation développé par le Pr. Hicks pourrait être fourni aux équipes de recherche en quête d’un traitement pour la maladie dans le monde entier.
« Ce modèle « Psammomys » de rongeur découvert par le professeur Hicks aura pour objectif d’étudier avec beaucoup plus de facilité la vulnérabilité des photorécepteurs au fur et à mesure que l’affection du gène Abca4 -responsable de la maladie- évolue. L’utilisation de ce rongeur par les laboratoires pharmaceutiques ou les sociétés de biotechnologies souhaitant développer des médicaments pour soigner la maladie de Stargardt leur permettra d’apporter aux agences règlementaires des preuves d’efficacité plus solides pour permettre le passage vers l’essai clinique sur l’homme. » Denis Cayet, président de la Fondation Stargardt.
Deux ans, c’est le temps d’attente moyen pour bénéficier d’une prise en charge dans une structure de soins médicaux et de réadaptation avec un handicap visuel. Face à la carence d’offres adaptées, l’hôpital national des Quinze-Vingt et l’association Valentin Haüy ont créé l’IRVSL, dans le 12e arrondissement de Paris.
Inauguré le 10 décembre 2024, l’institut offre un dispositif intégré comprenant l’accueil, l’orientation, le suivi médical, ainsi que le soutien médico-social et social. Dès lors les patients bénéficient d’un parcours de soins complet, assuré par une équipe multidisciplinaire, garantissant une prise en charge à la fois globale et personnalisée. L'IRVSL s’engage également dans la recherche et l’innovation de pointe sur le handicap visuel.
En 2025, notre fondation abritée APAM, dont la mission est de favoriser l’autonomie des personnes aveugles et malvoyantes en soutenant des services de proximité et des solutions contribuant à leur intégration, appuie l’IRVSL par la mise à disposition d’équipements techniques et de réadaptation, adaptés aux besoins des bénéficiaires.
La Fondation Valentin Haüy, à travers le financement de la fondation abritée APAM, s'est associée à l'Université catholique de l'Ouest (UCO) pour accompagner les étudiants déficients visuels.
Pour près de 500 étudiants à besoins spécifiques (soit 4 % des effectifs, deux fois la moyenne nationale), l'UCO a développé le projet intitulé "Pour des études plus inclusives et accessibles aux étudiants en situation de handicap visuel". Il s'agit d'un modèle remarquable basé sur une solidarité et d'entraide quotidiennes :
- Chaque étudiant déficient visuel est accompagné par deux étudiants aidants, offrant un soutien continu tout au long de l'année.
- Avantage pour les aidants : une réduction des frais de scolarité pour valoriser leur engagement.
En 2024, la Fondation APAM a financé ce dispositif d'accompagnement pour 20 étudiants déficients visuels.
Pour en savoir plus :
Un projet phare pour une université plus inclusive - Fondation Valentin Haüy
Découvrir l'institut
La vocation de l'institut est de permettre à des bénévoles, notamment ceux de l'Association Valentin Haüy, de suivre une formation sur les nouvelles technologies et l'informatique adaptée de façon à transmettre par la suite leurs connaissances aux bénéficiaires de leur structure.
L’Institut en chiffres
- Environ 130 bénévoles formés chaque année
- Au total, 60 comités AVH, présidents, trésoriers, équipe spécialisée sur l'évaluation de l'accessibilité des sites internet, ont participé à ces formations.
- Un bénéfice pour environ 2000 personnes déficientes visuelles adhérentes à l’AVH.
Les sessions sont délivrées dans deux espaces
- Une grande salle de formation/présentation équipée d’un vidéo-projecteur pouvant accueillir des groupes de 15 personnes ;
- Deux salles de formation équipées de postes de travail sous Windows fonctionnant en réseau câblé ou wifi et pouvant accueillir 6 stagiaires chacune accompagnés d’un formateur.
Témoignages
« N’ayant pas eu la chance d’être aidé, j’ai donc eu envie de partager mes connaissances et ce que j’avais appris seul. Grâce à l’Institut, j’ai acquis une méthodologie pour aider les personnes handicapées visuelles à apprendre à utiliser les outils numériques. »
Christophe, tuteur au comité Valentin Haüy d’Angers
« Auparavant éducateur spécialisé, ayant perdu la vue il y a 10 ans, être tuteur formateur me permet de continuer à faire ce que j’aime faire : accompagner. En étant formées à l’utilisation d’un portable ou d’un ordinateur, les personnes aveugles et malvoyantes peuvent vivre une vie plus adaptée et avoir plus confiance en elles ! »
Roméo, tuteur au comité Valentin Haüy de Chambéry
Les outils numériques
Une méthodologie en 3 axes
- Une sensibilisation au handicap visuel afin que les accompagnants saisissent les appréhensions et les difficultés rencontrées par une personne déficiente visuelle vis-à-vis du numérique ;
- Une information sur le panel d’outils numériques existants ;
- Une formation à la prise en main des outils numériques par des déficients visuels avec la double approche pédagogique (apprendre à utiliser) et technique (savoir utiliser).
Déclinaison en modules de formations
- Informatique via lecteur d’écran NVDA sous Windows 10 ;
- Prise en main des téléphones/smartphones adaptés et grand public accessibles ;
- Outils de formation à distance via les plateformes de visio-conférences (Zoom, Teams, Meet...)
Autres modules
- Sensibilisation au handicap visuel - Formation des nouveaux présidents des comités de l’Association Valentin Haüy ;
- Formation des trésoriers des comités de l’Association Valentin Haüy ;
- Accueil d’une formation pour le développement des compétences des équipes dirigeantes des comités AVH : nouveaux présidents, nouveaux trésoriers : une formation dispensée par les équipes de la coordination des comités AVH avec l’appui des équipes du siège ;
- Accueil d’une formation du Pôle Accessibilité numérique de l’AVH : évaluation des sites internet, pour permettre l’accompagnement des partenaires institutionnels et privés des comités et antennes départementaux.
Des moyens techniques spécifiques
- L’Institut Valentin Haüy est équipé d’un espace privé en ligne permettant le partage et la diffusion de supports pédagogiques, de mise à jour du Palier Technique et d’échange d’expérience (forum), à destination des tuteurs ;
- L’Institut élabore et met à jour une plateforme commune sur laquelle s’appuient les formations. Cette plateforme se compose d’une méthodologie et d’un socle de logiciels appelé Palier Technique. L’intérêt d’une telle démarche est d’instaurer une communauté de pratiques et d’outils facilitant ainsi la diffusion des compétences aux déficients visuels. Le Palier Technique est constitué principalement du logiciel lecteur d’écran NVDA. C’est lui qui « vocalise » la description des objets que rencontre l’utilisateur en se déplaçant sur son écran. NVDA est accompagné d’une dizaine d’extensions logicielles permettant de « vocaliser » des logiciels tiers (par exemple le navigateur Firefox) ;
- Une dizaine d’applications tierces complètent le Palier Technique comme par exemple le logiciel Apprenti Clavier pour faciliter l’apprentissage du clavier du PC ou encore le logiciel Le Localisateur pour simplifier la recherche et l’accès aux sites internet les plus utiles. Tous les logiciels qui composent le Palier Technique sont gratuits ;
- Un travail sur les outils de formation à distance via les plateformes de visio-conférences Zoom, Teams, Google meet, etc, a été lancé en période de crise sanitaire, pour exemple de mise en œuvre, la formation du comité de La Réunion en distanciel ;
- Enfin, un travail sur la téléphonie a été mené pour permettre la mise à disposition de comparatif des mondes IOS et Androïd d’un point de vue applicatif.
Olivier Douin, Président du comité de gestion :
“La Fondation APAM a décidé de soutenir le grand projet access'lab mobility pour trois raisons principales :
D'une, il répond à la mission de l'APAM qui est de soutenir les nouvelles technologies au service de l'accessibilité au sens large et de l'autonomie des personnes déficientes visuelles au quotidien en particulier.
D'autre part, je trouve que c'est un projet intelligent que d'unifier les technologies dédiées à l'enjeu du déplacement, pour aller d'un point A à un point B quels que soient les ruptures de charge et les obstacles sur la route.
Enfin, j'ai été vraiment séduit par l'association des ces trois start-ups décidées à travailler en osmose, par l'engagement personnel de leurs représentants. Ils parlent le même langage, tendant vers le même objectif d'intérêt général, chacun avec sa personnalité propre et complémentaire. C'est riche et prometteur."
En France, l’offre en matière d’instruction à l’autonomie demeure très limitée. Ce projet vise à renforcer les dispositifs existants afin de mieux répondre aux besoins des personnes déficientes visuelles, insuffisamment couverts. Il permettra à l’AVH de proposer, à l’échelle nationale, des services d’aide à l’autonomie.
L'association Aphacko a été créée au Bénin par son président Christophe Adjima pour venir en aide aux personnes atteintes d’un handicap quel qu’il soit. L’association compte 3500 membres dont 2220 déficients visuels. Christophe Adjima prône l’inclusion, l’équité, l’égalité, sans aucune exclusion.
La Fondation APAM soutient l'association dans le domaine de la formation en informatique adaptée.
« Maitriser l’informatique est le seul moyen pour les déficients visuels de s’affirmer et de s’adapter à la perpétuelle évolution du monde numérique. » Christophe Adjima.
L’APAM a choisi de soutenir l’Association Bibliothèque Braille Enfantine (ABBE) pour l’acquisition d’équipements informatiques et de mobilier.
L’ABBE est une bibliothèque de prêts par correspondance de livres et de documents numérisés pour les enfants de 4 à 12 ans. Sa particularité ? Les livres proposés sont lisibles en braille et en gros caractères (avec les illustrations d’origine) en face-à-face, ce qui permet une lecture commune : les parents non-voyants lisent à leurs enfants, les parents voyants accompagnent la lecture de leurs petits déficients visuels et les enfants peuvent partager leur lecture avec leur entourage.
L’ABBE propose aussi des livres avec des dessins en relief réalisés avec des matières (avec le texte en braille et en gros caractères), ce qui permet le développement du toucher, préalable à l’apprentissage de la lecture.
Un riche catalogue est proposé en ligne. Famille, enseignants, bibliothécaires de France et d’Europe francophone ont ainsi accès à plus de 7 000 ouvrages.
